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| Les méthodes psychotherapeutiques. Etat des lieux |
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Une psychothérapie peut se dérouler sous quatre formes: en relation individuelle (patient/thérapeute),
en groupe, en couple ou en famille. Pour chaque méthode thérapeutique décrite dans cet encadré, j'indiquerai
à côté du nom de la méthode, sous quelles modalités elle se pratique généralement. Par convention:
(I) Psychothérapie se pratiquant en
relation individuelle.
(G) Psychothérapie se pratiquant à
l'intérieur d'un groupe (comprenant
généralement entre 6 et 15 personnes)
(C) Psychothérapie se pratiquant en couple
ou en famille.
1. L A P S Y C H A N A L Y S E (I).
La psychanalyse Freudienne ou psychanalyse orthodoxe.
Les hommes sont des animaux parlants. Et la parole est une énergie dotée d'une puissance extraordinnaire. Les mots peuvent nous combler ou nous blesser, nous fortifier ou nous déstabiliser, nous détruire ou et nous ouvrir à la vie, nous emprisonner ou nous libérer. C'est ce pouvoir libérateur de la parole que Sigmund FREUD a mis en évidence, voici un siècle, en "inventant" la psychanalyse. Avant lui, on pensait que la conscience était au centre du psychisme, que l'homme agissait toujours de manière raisonnable et rationnelle. Il n'en est rien. Le centre stratégique du psychisme est occupé par un lieu nommé: "INCONSCIENT", lieu opaque contenant l'ensemble des causes et mécanismes cachés qui déterminent à notre inssu notre comportement, nos sentiments, nos choix, nos décisions, lieu aussi où nous avons enfouis les blessures secrètes de notre enfance (traumatismes, conflits précoces, carences affectives...) Ces blessures nous les avons “refoulées”. Cela veut dire qu’elles n’ont pas disparues mais qu’elles demeurent actives sous la ligne de flotaisons de notre conscience. Elles se manifestent dans la vie quotidienne sous une forme déguisée, celle d'un symptôme (tic, begaiement, peur irraisonnée, échec répétitif...) qui tend à se répèter. La signification du symptôme échappe donc de prime abord. Elle doit être décryptée comme on traduit un texte dans une langue étrangère. La psychanalyse se propose de suivre ce fil, de le déchiffrer, de l'interpréter, c'est-à-dire de lui faire dégorger son sens en le reliant à sa cause inconsciente. Concrètement, la cure psychanalytique consiste à instaurer une relation entre analyste et patient telle que celui-ci puisse ramener à la conscience le conflit infantile, le revivre dans la relation au praticien (TRANSFERT) et, cette fois, le dépasser. La technique utilisée est celle des "ASSOCIATIONS LIBRES". Il est demandé au patient, allongé sur un divan, d'associer sans censure ni réserve les mots et les phrases qui lui viennent spontanément à l'esprit. Ce faisant, il pourra exprimer par la parole les fragments douloureux de sa vie affective (haine, amour, peur, colère, désir sexuel...) et mieux comprendre sa propre histoire.
La psychanalyse Jungienne.
Pour C.G.JUNG, élève dissident de FREUD, notre histoire ne commence pas à la naissance. Elle s'inscrit dans une histoire collective, porteuse d'idéaux, de mythes, de croyances, de valeurs, de rêves, qui précède notre naissance biologique. Cela signifie que, sous la couche constituée par l'"inconscient individuel", il y a un soubassement originaire, racine de la vie psychique, l'INCONSCIENT COLLECTIF. Celui-ci est constitué d'ARCHETYPES, c'est-à-dire de noyaux organisateurs constitués de croyances, de pensées, de fantasmes, de mythes communs à tous les individus d’une même civilisation, voire à l'humanité toute entière. Lorsqu'ils sont stimulés, ces archétypes s'expriment par des symboles. L'art et les rêves en sont les révélateurs privilégiés. Au-delà de notre "MOI" (la conscience ordinaire) et derrière notre “PERSONA” (notre identité social) se cache notre identité authentique. Celle-ci n'est jamais acquise d'emblée mais doit "venir au monde". Cette identité véritable et profonde, est le “SOI”. La névrose est simultanément un état de désunion avec soi-même et une tentative de guérison. Nous nous différencions les uns des autres par les archétypes qui organisent à notre inssu notre personnalité et notre existence. Le psychanalyste jungien tentera de mettre à jour ces archétypes actifs. Pour y accéder, il exploitera l'analyse des rêves nocturnes, des rêveries diurnes, des fantasmes, des productions artistiques spontanées. Fondée sur une connaissance approfondie des grands mythes humains, la psychanalyse jungienne (appellée aussi: "psychologie analytique") entend aider le sujet en quête de lui-même à trouver sa vérité profonde (processus d'individuation) et à favoriser l'accomplissement du destin auquel il se sent appelé.
La psychanalyse Reichienne.
Proche de FREUD, W. REICH fut aussi honnit par le maître pour avoir innové radicalement dans la psychanalyse de l'époque. Il opta pour une position active dans la cure analytique et devint le père des thérapies psycho-corporelles en faisant passer le statut du corps au premier plan.
Pour REICH, l'unité corps-esprit ne fait aucun doute et on ne peut même pas parler de médiation corporelle, ce qui serait considérer le corps comme une passerelle, un moyen, un objet pour atteindre l'esprit, alors que si l'on considère le corps, on considère déjà le sujet à part entière dans son versant matériel. Autrement dit, parler de corps et d'esprit, c'est déjà scinder en deux une réalité qui ne l'est pas. On ne peut séparer la face d'une médaille de son revers.
L'unité maintenant rétablie, qu'est-ce qui anime l'ensemble ? De l'énergie, c'est évident ! L'énergie vitale, oui mais encore ? REICH va reprendre la notion d'énergie initiée par FREUD (la libido), mais, alors que ce dernier la rend de plus en plus abstraite, lui, la considère de plus en plus réelle, concrète, réalité qu'il essayera sur la fin de sa vie surtout, de prouver. Mais avant cela, il va mettre au point dans les années 1930, une technique de travail sur le corps, qu il appelle végéto-thérapie, car elle sollicite le système nerveux végétatif. Une version assouplie de la neuro-végéto-thérapie prendra le nom d'analyse reichienne dans les années 1980 (G.Guasch.)
(La neuro-végéto-thérapie a été systématisée par le psychiatre italien Federico Navarro récemment disparu et il existe toujours des praticiens de la méthode, quoique peu nombreux en France)
Si le corps-conscience est animé par de l'énergie, celle-ci doit aussi circuler. Si la circulation s'interrompt et que la stase s'installe, les ennuis commencent… Mais pourquoi ?
Nous réagissons tous aux variations de notre environnement par des mises sous tension de nos tissus musculaires, conjonctifs, organiques, etc. ... (les ostéopathes le savent très bien d'où leur extraordinaire efficacité) Quand j'ai peur, je peux serrer les fesses, avoir le souffle coupé (bloquer le diaphragme), rentré la tête dans les épaules (bloquer les épaules), arrondir les yeux de terreur... etc. Si tout s'arrange, nous relâchons ensuite les tensions. Cela s'effectue grâce à une mobilisation énergétique, c'est-à-dire que la tension tissulaire augmente, alors la charge énergétique augmente aussi jusqu'a un point critique, ensuite la charge énergétique diminue et la détente se réinstalle.
Oui mais si l'agression (le trauma) est trop forte, en fait dépasse les capacités d'adaptation, où est répétitif, (tous les jours quoique je fasse, on me dit que je suis nul et je bloque mon diaphragme pour ne pas pleurer), la mobilisation musculaire devient chronique, la tension permanente et même quand des années plus tard tout danger à disparu, la contraction est toujours là, inscrite dans le système végétatif avec les émotions associées qui ont été figées, car trop douloureuses et les souvenirs, ( du moins tels qu'ils ont été engrammés à l'époque, car au stade fœtal ou dans la période pré-verbale, les souvenirs sont seulement des sensations et des émotions qu'il sera bien difficile de décrire avec des mots, quand ils seront contactés par l'adulte)
Alors que faire ? Si aujourd'hui, nous sollicitons nos muscles volontaires par des mobilisations spécifiques (acting), nous pouvons espérer obtenir une certaine décharge énergétique qui s'accompagne de souvenirs et d'émotions. La répétition des acting amènera jusqu'à la libération complète de la zone, à condition que les matériaux libérés soient conscientisés. On retrouve la psychanalyse verbale.
REICH a identifié une organisation particulière du corps destinée à remplir des fonctions psychologiques. C'est ce qu'il a baptisé la cuirasse, qui est à la fois musculaire (tissulaire en fait) et caractérielle (le caractère se structure pour protéger l'organisation, l'équilibre, même critique, du sujet) Au niveau du corps, il y a sept anneaux des yeux jusqu'au bassin (premier et dernier) qui peuvent faire l'objet de constrictions diverses, lesquelles peuvent induirent à leur tour des maux chroniques très variés. À ce point la psychothérapie rejoint le champ de la psychosomatique surtout pour une partie des maladies ou affections chroniques.
En tout cas, plus couramment, le nœud à l'estomac, la boule dans la gorge, les dents serrées (serrer les dents), l'oppression sur la poitrine, la diarrhée de peur, un certain nombre de "mal de tête", la frilosité, les pieds froids (ou les mains), la moiteur des mains... etc. sont là pour illustrer une tension locale à pendants psychologiques.
L'analyse permettra de déplacer petit à petit les équilibres allant dans le sens d'une libération progressive de l'énergie en stase de manière à ce qu'elle soit intégrée (n'oublions pas que l'énergie, c'est aussi de la conscience) au fur et à mesure. Des yeux au cou, au diaphragme et enfin au bassin, nous pourrons retrouver le fonctionnalisme fondamental de notre corps, enrichissant du coup notre manière de penser (une pensée enracinée dans la matière et non pas "angélique") Le principe étant de faire fondre la cuirasse pas de la briser, elle a une histoire et elle a eu une bonne raison d'être, seule la conscience peut la rendre à un moment sans objet. (le corps-conscience).
Le transfert d'ici, n'est plus le creuset de la thérapie, mais il est néanmoins très important et on voit apparaître d'autres notions qui ne sont pourtant pas si "extra-ordinaires", le transfert corporel et surtout le contre-transfert corporel que vit le thérapeute.
Pour terminer, il est difficile de ne pas faire un parallèle entre les conceptions de REICH et la vision orientale du monde, les chakras indiens et la circulation d'énergie chez les taoistes et les pratiquants d'arts martiaux. Aussi, la vision reichienne de l'homme, de l'univers, jette un pont qui s'avère riche entre l'orient et l'occident.
La Dasein-analyse ou psychanalyse existentielle.
L’homme est le seul animal au monde qui dit “je”, qui a conscience de lui-même, qui est capable d’assumer la responsabilité de ses actes, de choisir la vie qu'il veut vivre et d’échapper ainsi au carcan de la programmation génétique de son espèce et aux conditionnements de sa programmetion socioculturelle. Il est doté de POTENTIALITES, c'est-à-dire qu'il peut dépasser sa condition initiale (son "moi superficiel") et accéder à une pleine réalisation de lui-même ("moi profond"). Il est créateur de son propre devenir, grâce à l'élaboration de PROJETS personnels. C’est par la singularité de nos projets, que nous donnons sens à notre vie. Ce sens que nous attribuons aux choses édifie notre UNIVERS SUBJECTIF. Chaque homme, chaque femme est unique car il (elle) habite un univers subjectif propre. La névrose se définit en analyse existentielle non pas comme une "maladie" (définition psychiatrique) ou comme le résultat d'un refoulement (définition freudienne) mais comme un INFLECHISSEMENT DU SENS de la vie, provoquant un appauvrissement de l'univers subjectif. Le névrosé est en quelque sorte prisonnier de THEMES INCONSCIENTS qui, au lieu de l'ouvrir à la liberté intérieure, l'enferment dans une perception appauvrie de lui-même, des autres, du monde, de l'existence. Le but de l'analyse ne s'exprimera donc pas en terme de "guérison" mais plutôt en terme de "transformation" de l'être: la personne doit ré-organiser sa perception d'elle-même et des choses, élargir ses possibilités d'être, en un mot: retrouver sa LIBERTE CREATRICE.
La psychanalyse lacanienne.
Avant d'exister pour et par lui-même, l'enfant est ce que le désir et la parole des autres (de ses parents, de la société) font de lui (le "Discours de l'Autre"). L'enfant s'inscrit dans une culture qui pré-existe et lui impose d'emblée ses normes sociales et son langage (un ORDRE SYMBOLIQUE). L'inconscient est structuré comme un langage", dit LACAN. Cela signifie deux choses. D'une part, l'inconscient est une "structure" cachée, secrète, opaque, qui détermine fondamentalement l'orientation consciente du psychisme (comme la syntaxe apprise à l'école: quand nous parlons, nous se sommes pas conscients des règles grammaticales qui régissent la construction de nos phrases). D'autre part, cette structure secrète est soumise à des lois d'organisation interne (à des règles de grammaire, pourrait-on dire) similaires à celle de la langue. Quand nous parlons, nous remplaçons une chose (l'objet "table") par un mot (le mot "table"), un "signifié" par un "signifiant". Mais en nommant les objets, nous prenons une certaine distance par rapport à eux. Qu'est-ce que parler, en définitive, sinon "décoller" de la matérialité des choses en y substituant des mots. Vivre, c'est pareil, c'est remplacer une expérience vécue (exemple: un sentiment de tristesse) par un symbole abstrait (le mot: "dépression"). C'est donc créer, au fil du temps, une distance de plus en plus grande entre ce qui est "vécu" et ce qui est "dit". C'est pourquoi l'homme est, par nature, divisé, "aliéné" c'est-à-dire étranger à lui-même. Entre sa réalité profonde et le discours conscient qu'il tient et par lequel il se raconte des histoires, viennent s'insinuer les illusions de son imaginaire (ce que je prends pour "moi", n'est finalement qu'une image bricolée). Le problème de l'homme névrosé n'est pas qu'il possède un imaginaire mais qu'il en est prisonnier. Tout se passe comme s'il prenait les contenus de son imagination pour la réalité. Il "guérit" non pas lorsqu'il cesse de se raconter des histoires (des histoires, on s'en raconte toute sa vie) mais lorsqu'il comprend que ce sont des histoires et ne se sent plus obligé d'y croire. Il devient alors SUJET.
La psychothérapie d'inspiration analytique.
On regroupe sous cette appellation, une série de pratiques qui s'inspirent de la théorie freudienne, mais s'éloignent des directives techniques de FREUD. Elles suppriment notamment la position du divan (analysant et analyste se parlent en se regardant) et utilisent d’autres ressorts d’exploration psychique que les seules "associations libres". Citons, à titre d'exemple, le "PSYCHODRAME ANALYTIQUE" qui se pratique en groupe et exploite les ressources de la théâtralisation. Au lieu d'être seulement racontées, les scènes importantes ou événements marquants du passé y sont joués, comme au théâtre, avec la participation active des autres patients, assignés à la fonction de répliquants. Les restituer de cette manière permet d'en désamorçer la charge émotionnelle. La parole se voit renforçée par la mise en action du corps et l'activation de ses possibilités expressives. Plutôt que de parler de son expérience, le patient est invité à la "mettre en scène".
Moreno avait créé à Vienne le théâtre impromptu en 1921 : il y faisait participer les spectateurs, dans une sorte de théâtre en rond, sans décors. Deux ans plus tard, une participante : Barbara, se trouve transformée par le rôle qu’elle jouait. C’est la première ébauche du théâtre thérapeutique. Dès 1925, Moreno s’installe aux USA, à Beacon — où il fonde son premier théâtre thérapeutique en 1936.
Le psychodrame d’enfants est importé en France en 1946, au Centre Claude Bernard (J. Fa-vez-Boutonnier, Mauco, Berge, Lebovici, M. Monod)
En 1955, se constitue le Groupe français d’Études de Sociométrie, Dynamique des Groupes et Psychodrame, sous la direction d’Anne Ancelin-Schützenberger, avec J. Favez-Boutonnier, Sivadon, Ouzilou, S. et A. Ginger, etc. La France organise le premier Congrès mondial de Psychodrame, à Paris en 1964, avec la participation de Jacob-Levy Moreno et de sa femme Zerka. Il y avait même leur fils d’une dizaine d’années, Jonhatan, qui prenait un rôle dans presque toutes les séquences !
Mais aujourd’hui, le psychodrame morenien traditionnel a presque disparu en France, sous la concurrence du psychodrame psychanalytique. (Lebovici, Diatkine, E. Kestemberg, Anzieu, G. et P. Lemoine).
Le psychodrame souffre d’un handicap sérieux : il est difficilement praticable en séances individuelles (sauf dans sa variante de monodrame) et donc, il est surtout utilisé dans des institutions d’enfants ou de malades mentaux, ou encore dans des groupes de développement personnel, plutôt qu’en thérapie.

2. LE REVE EVEILLE DIRIGE (R.E.D.) (I).
Quand on est triste, on a les "idées noires" et tout paraît gris. Quand on est amoureux, les choses prennent des couleurs vives et on voit la vie en rose. Dans notre expérience psychologique, les images suscitent des émotions. Les émotions, en retour, créent des images. Monde des images et monde des émotions sont si étroitement imbriqués que tout ce qui se passe dans l'un se répercute dans l'autre. Si quelque chose change dans l'imaginaire, le vécu émotionnel se modifie. Si un élément du vécu émotionel change, l'imaginaire ne peut demeurer identique. L'imaginaire est donc un constituant essentiel de notre univers mental et de notre subjectivité. Il dynamise notre existence et lui donne son élan. Les images mentales sont de puissants moteurs d'action. Elles nous aident à nous connaitre et à réaliser nos buts. Chez le névrosé, l’imaginaire est morcellé en représentations anarchiques qui, au lieu de s'harmoniser et de s'entendre, vivent pour leur propre compte et luttent les unes contre les autres. Cette lutte est génératrice de tensions intérieures et de tortures psychiques. La thérapie par le Rêve Eveillé Dirigé, (initiée par Robert DESOILLE) est un travail centré sur l'IMAGINAIRE. Son but est d'aider le patient à restructurer ses représentations imaginantes (son univers subjectif), à rencontrer ses fantasmes afin de les intégrer de façon plus harmonieuse dans sa personnalité, en affrontant (plutôt qu'en fuyant) les images génératrices d'angoisse et de conflit. Par des consignes précises, le patient est invité à rêver tout haut et à explorer son imaginaire selon un axe vertical à deux directions: DESCENTE et ASCENSION. Dans la "descente", il s'agit d'affronter les niveaux les plus instinctifs de sa psyché, de rechercher les besoins et émotions enfouis au plus profond de l’être. L’ascension est la direction de la lumière. Il s'agit pour le patient de voir comment il peut "socialiser" ses instincts et ses représentations c'est-à-dire les utiliser à des fins positives de restructuration et de libération personnelle. Grâce à ce processus exploratoire et cathartique (permettant des décharges émotionnelles) à deux directions, il peut vider les abcès du passé et trouver des options mieux adaptées à sa réalité.
La psychologie transpersonnelle s'intéresse aux « états non ordinaires » de conscience : l'extase, le sentiment de connexion avec l'Univers, la conscience aiguë de son être profond, le mysticisme, etc. Bien qu'ils soient souvent considérés avec suspicion, ces états seraient non seulement sains, mais représenteraient l'actualisation des besoins supérieurs de l'être humain. Comme son nom l'indique, le trans-personnel concerne ce qui existe au-delà de la personnalité, de son conditionnement et de son petit monde.
En tant que pratique, cette psychologie a pour objet la « pleine réalisation » de la personne qui cherche à devenir « le dieu qu'elle est au plus profond d'elle-même ». Par conséquent, elle se préoccupe aussi des perturbations résultant de l'enfermement des potentiels illimités de la conscience dans les structures limitées de l'ego - comme cela peut se manifester au moment de crises existentielles ou de ce que l'on appelle des crises d'émergence spirituelle.
Le mouvement transpersonnel déborde du cadre de la psychologie individuelle pour toucher toutes les sphères de l'activité humaine - économie, écologie, philosophie, etc. - qui peuvent être inspirées par une conception sacrée du monde.
En passant par Esalen
Le territoire de la psychologie transpersonnelle n'est pas une « invention » moderne puisqu'il a été abondamment exploré par les traditions orientales et chamaniques, et que de nombreux philosophes de l'Antiquité grecque y ont été sensibles. Mais dans la perspective occidentale moderne, et bien que de grands penseurs et chercheurs du XXe siècle comme Carl Jung, Emmanuel Mounier1 et Roberto Assagioli2 constituent des références fondamentales, on identifie certains événements des années 1960 comme ayant déterminé son éclosion. D'abord, le psychologue humaniste américain Abraham Maslow (1908-1970) établit sa célèbre pyramide des besoins humains.3
Maintenant reconnue à peu près mondialement, celle-ci présente les besoins communs à tous les humains dans une progression hiérarchique à cinq niveaux, dont le plus élevé est la « réalisation » ou l'« actualisation de soi ». Cette dimension concerne l'aspiration à concrétiser ses capacités et talents, à « croître », à développer son potentiel (d'où les termes aujourd'hui courants de « croissance personnelle » et de « mouvement du Potentiel humain »).
Plus tard, Maslow a raffiné ce dernier niveau pour y incorporer des notions de « dépassement de soi » ou de « transcendance ». Plusieurs penseurs ont alors cru bon de créer un sixième niveau distinct au sommet de la pyramide.4-5 Ce niveau se définit par l'aspiration à vivre des expériences d'unité avec le Cosmos et d'amour inconditionnel envers l'Humanité.

En 1969, Abraham Maslow fonde le Journal of Transpersonal Psychology, tandis que l'Association for Transpersonal Psychology est mise sur pied, deux ans plus tard, juste après sa mort (voir Sites d'intérêt). La mission de cette association était, et est toujours, de fournir un lieu d'échange pour les chercheurs et praticiens du mouvement transpersonnel, ainsi que de promouvoir une vision de l'univers comme entité sacrée.

Par ailleurs, au moment où Maslow mène ses recherches, s'ouvre sur la côte californienne le « centre éducatif alternatif » Esalen, qui allait devenir « la Mecque » de l'exploration transpersonnelle. Avec les centaines de scientifiques, artistes et maîtres spirituels qui y séjournent à un moment ou l'autre, on y mène des ateliers exploratoires de pratiques thérapeutiques très novatrices ainsi que de l'investigation spirituelle, surtout avec les spiritualités orientales. De nombreuses approches psycho-spirituelles sont nées de ces rencontres éclectiques.
Quant à la réflexion sur le mouvement, elle a été poursuivie notamment par Charles Tart, professeur de psychologie à l'Université de Californie à Davis, Stanislav Grof, psychiatre et cocréateur de la respiration holotropique, Roger Walsh, professeur de psychiatrie, et Ken Wilber, philosophe érudit qui en est certainement le principal théoricien.
Il faut également mentionner que, cherchant à explorer les diverses manifestations de la conscience, le mouvement transpersonnel s'est beaucoup intéressé aux phénomènes paranormaux : témoignages de personnes croyant avoir été enlevées par des extraterrestres, expériences de mort imminente, prémonition, télépathie, pratiques chamaniques, etc.
Au-delà de l'ego
La psychologie transpersonnelle ne se limite pas aux problèmes personnels; elle ne joue pas tant dans le territoire de l'ego, mais là où l'ego s'efface et abandonne sa place dominante. Si, dans la psychologie classique, les modèles sont des hommes et des femmes performants, motivés, efficaces, bien intégrés socialement, ceux de la transpersonnelle sont des saints, des sages et des héros de l'humanité. Ce qui ne veut pas dire que cette approche nie l'importance d'un ego sain, au contraire : c'est à partir d'assises solides et équilibrées que l'être humain peut atteindre d'autres dimensions.
Selon Ken Wilber6, « l'ouverture de la conscience » est normale et naturelle : primitive chez l'enfant, la conscience se développe graduellement, passe par le stade de l'identification à l'ego, puis devrait pouvoir s'ouvrir à l'ensemble de la création, comme l'a d'ailleurs décrit Carl Jung dans ses ouvrages. À son stade de développement ultime, la conscience s'apparente à l'éveil ou à l'illumination dont parlent de nombreuses traditions mystiques.
Des techniques traditionnelles
Le transpersonnel n'est pas une méthode, c'est une conception de l'être humain et du monde qui l'entoure. Les psychothérapeutes qui partagent cette conception peuvent pratiquer une approche classique et simplement permettre à la dimension spirituelle d'occuper l'espace qui lui est dû dans le développement humain. Mais, généralement, le travail transpersonnel consiste à provoquer chez les individus des états non ordinaires de conscience (Maslow les appelait peak experiences ou expériences paroxystiques). Ces expériences sont destinées à faire éclater les limitations mentales ou émotives et à donner accès à une conscience beaucoup plus vaste de la réalité.
Plusieurs techniques sont utilisées à cet effet, la plupart empruntées à des traditions spirituelles orientales ou chamaniques, ou adaptées de celles-ci : diverses formes de méditation, hypnose, danses sacrées, huttes de sudation (sweat lodge), quêtes de vision, régression dans les vies antérieures, rêves, rêves lucides, techniques respiratoires et énergétiques venues du yoga ou du Qi Gong, travail avec les rituels, respiration holotropique, art-thérapie, visualisation créatrice, sophrologie, rebirth, etc.
La plupart de ces techniques sont puissantes et doivent être pratiquées dans un environnement adéquat et sécuritaire : le psychothérapeute doit être en mesure d'aider la personne à décoder ses expériences et à les intégrer. Il faut donc choisir soigneusement le thérapeute avec qui on souhaite se lancer dans une telle aventure.
Rappelons quand même que des expériences transcendantes peuvent se produire spontanément à la faveur de phénomènes naturels comme le fait de se trouver devant un paysage ou une oeuvre d'art d'une grande beauté, d'assister à la naissance d'un enfant ou à la mort d'un proche. Par ailleurs, la danse, le chant, le sport, la science, le courage et la dévotion sont également des voies d'accès à ce type d'expérience.
Bien qu'elle compte plusieurs chercheurs et auteurs de poids, la psychologie transpersonnelle demeure extrêmement marginale. Elle n'est pas enseignée dans les facultés universitaires de psychologie et les ordres professionnels de psychologues ne reconnaissent pas les pratiques qui lui sont associées. Il faut dire que, dans la psychologie « officielle », il existe déjà une orientation existentielle/humaniste qui vise l'actualisation de soi, mais sans que le travail soit orienté sur la recherche de transcendance.
Applications thérapeutiques
La psychologie transpersonnelle s'adresse plus particulièrement aux personnes :
- qui veulent explorer et confirmer leurs aspirations profondes;
- en crise existentielle ou qui font face à une transition majeure (retraite, divorce, nouvelle orientation, décès d'un proche, etc.);
- aux prises avec des problèmes de dépendance (alcool, drogues, relations). Le mouvement transpersonnel voit les dépendances comme la manifestation « mal canalisée » d'une soif d'union avec la « source intérieure »;
- en démarche de guérison;
- en démarche ou en crise spirituelle.
Mises en garde
Les techniques de psychologie transpersonnelle ne peuvent être à elles seules une réponse adéquate pour les personnes vivant de la détresse psychologique intense. Le dépassement de soi est bel et bien un besoin, mais c'est un besoin qui, du moins selon les auteurs de ce mouvement, ne pourrait être comblé que lorsque ceux des autres niveaux le sont, au moins minimalement.
Tout en favorisant le dépassement, la psychologie transpersonnelle encourage la prudence et la conscience des limites propres à notre nature humaine. Elle nous enseigne aussi que pour atteindre la connexion avec l'univers, l'être incarné que nous sommes doit d'abord être en contact avec lui-même.

3. LA BEHAVIORTHERAPY ou THERAPIE COGNITIVO-COMPORTEMENTALE (I).
Pour les thérapeutes comportementalistes (en anglais: "behavior"= comportement), la conduite de l'homme dérive non pas d'un hypothétique "inconscient" mais de processus de conditionnement et d'apprentissage. La névrose n'est pas la conséquence d'un "refoulement" (comme le pensent les psychanalystes) mais une CONDUITE dérangeante (réaction ou "réponse") qui apparaît chaque fois que le sujet est confronté à certaines situations (STIMULI). Le claustrophobe qui craint les ascensseurs, répond par une CONDUITE INADEQUATE et invalidante (angoisse, désir de fuite, transpiration...) à un STIMULUS parfaitement inoffensif ( l'ascensseur est en bon état de marche). Cette conduite invalidante hypothèque sa vie quotidienne. Il faut donc la faire disparaître. Comment? En pratiquant un DECONDITIONNEMENT. Grâce à la technique de "désensibilisation systématique", le thérapeute aidera son patient à trancher ce lien réflexe indésirable qui unit une situation anxiogène (endroit clos) et une réaction maladive (peur panique). Il commencera par l’inviter à la détente et à la relaxation. Cela fait, il lui proposera d'aller progressivement à la rencontre du stimulus générateur d'angoisse. Ainsi, par exemple si vous souffrez d'une peur maladive des serpents, il vous incitera à visualiser un serpent et à vous en approcher par l'imagination jusqu'à ce que vous parveniez à le toucher en toute sérénité. L'état physiologique de relaxation étant incompatible avec celui du stress ou de l'anxiété, la réponse anxieuse se verra ainsi annihilée. Cette méthode de thérapie est dite "symptômatique" parce qu’elle vise à éradiquer un symptôme, sans supputer l’existence d’une cause cachée. Elle travaille sur les processus cognitifs (façon de penser), les conditionnements réflexes, les relations sociales actuelles, l'environnement (au lieu d'être renvoyé à son monde intérieur, le patient est invité à se tourner vers le monde extérieur). Elle utilise les questionnaires de personnalité et évalue l’évolution vers la guérison au moyen d’échelles standardisées.

4. LA PSYCHOTHERAPIE NON-DIRECTIVE ou CENTREE SUR LE CLIENT. (I).
Toute personne possède en elle les ressources nécessaires à sa propre maturation, les forces de croissance lui permettant d'accéder à une plus grande liberté intérieure. Pour Carl ROGERS, initiateur de la psychothérapie centrée-sur-le-client, la névrose n'est rien de plus qu'un obstacle à cet élan, à cette croissance. La personne "névrosée" est coupée de ses propres expériences et de ses racines. Elle est incapable de prendre conscience de ses sentiments et de ses besoins réels, donc de vivre pleinement au quotidien. Le but de la thérapie sera de stimuler les forces de croissance en sommeil de façon à aider le "client" à accéder à l'ACTUALISATION DE SOI.
La thérapie rogérienne est un dialogue en face-à-face. Plutôt que d'aborder son client au moyen d'une théorie préalable, d’une “écoute d'Ecole”, le thérapeute se branche sur l'expérience vécue et restituée par celui-ci. Il s'immerge dans son univers subjectif et tente de le “sentir de l'intérieur” (EMPATHIE). L'attitude du praticien est une ACCEPTATION POSITIVE INCONDITIONNELLE. Le professionnel est un accompagnateur, un facilitateur, un catalyseur (c'est le client qui conduit sa thérapie). Il s'abstient de toute interprétation et de toute directivité. Il se pose face à son client comme personne REELLE (non comme opérateur technique), CONGRUENTE (en accord intime avec lui-même) et "AUTHENTIQUE" (il ne s'agit pas pour lui de jouer un rôle mais d’être lui-même).

5. L'ANALYSE TRANSACTIONNELLE (A.T.) (I/G).
Dans la vie, les choses se passent comme sur la scène d'un théâtre. Nous y jouons un rôle et nous attendons des autres qu'ils nous offrent la réplique adéquate. Ce rôle, nous l’avons appris dans l’enfance. Il s’insère dans un SCENARIO DE VIE, sorte de "patron", de plan directeur, qui, sans que nous en fûssions conscients, guide souterrainement nos actions et nos comportements, nos sentiments, nos désirs et nos choix . Comment construisons-nous notre scénario de vie? Dès notre naissance, nous sommes immergé dans un bain de messages émanant de nos parents et de nos proches. Ces messages (exprimés avec des mots, des gestes, des attitudes, des inflexions de la voix ...), peuvent être regroupés en deux familles. Les MESSAGES PERMISSIFS nous aident à croître, à nous épanouir, à nous ouvrir aux expériences cruciales (grandir, être soi, réussir, être intime, être proche des autres ...). Les MESSAGES INHIBITEURS entravent notre développement, nous ferment l'accès à ces mêmes expériences essentielles (rester petit, ne faire confiance à personne, ne pas exprimer ses émotions, ne jamais s'en sortir seul ...). Sur foi d’une compréhension (approximative, parfois tronquée) de ces messages, nous décidons comment nous devrons nous comporter dans l‘existence pour obtenir des autres gratifications et signes de reconnaissance. Cette DECISION DE SURVIE (prise entre trois et six ans) est souvent une solution de moindre mal, celle qui nous permettra de survivre malgré les carences et insuffisances de notre milieu. Le problème est que nous continuons à nous y soumettre toute notre vie. Elle nous empèche alors de satisfaire nos besoins affectifs, de nous adapter à notre réalité actuelle, de communiquer sainement avec l'autre, de réussir ce que nous entreprenons, de jouir de la vie etc.
En thérapie, l'analyste transactionnelle aidera son patient à retrouver les messages parentaux inhibiteurs imprimés dans son “enfant intérieur”, ainsi que la (les) décision(s) de survie qui en ont découlés. Il l'aidera surtout à prendre conscience de l'incidence négative de cette décision sur sa vie actuelle. Le patient sera alors invité à revivre dans la relation thérapeutique, toutes les émotions associées à ces messages anciens (colère, peur, tristesse...) et à "détacher l'ELASTIQUE" qui le relie au passé douloureux. Il sera en mesure de prendre alors une nouvelle décision, adaptée cette fois à sa réalité actuelle.
L'initiateur de l'A.T. est le psychanalyste américain Eric BERNE.

6. LA GESTALT-THERAPIE (I/G).
GESTALT EST UN MOT ALLEMAND AUJOURD'HUI UIILISE DANS LE MONDE ENTIER.
GESTALTEN SIGNIFIE : "mettre en forme, donner une structure signifiante".
Les fondateurs principaux de la Gestalt-thérapie sont Fritz Perls, et Laura Perls psychanalystes allemands, qui après avoir émigrés à New York en 1940 s’associent avec Paul Goodman, un éminent homme de lettres, un philosophe et sociologue engagé. La Gestalt-thérapie prend d'abord son essor aux États-Unis avant de venir en Europe dans les années 70. L’ouvrage de référence est Gestalt Therapy, paru en 1951, co-rédigé avec Paul Goodman et Ralph Hefferline. La Gestalt-thérapie se situe au carrefour de plusieurs courants : psychanalyse, phénoménologie, existentialisme et Gestalt-théorie. La Gestalt-thérapie a une optique dynamique : elle s’intéresse à l’ajustement permanent de l’individu avec son environnement.
Dans sa méthode, la Gestalt-thérapie utilise principalement la posture du thérapeute comme levier thérapeutique par sa participation engagée et impliquée dans le processus de la séance.
Le travail en individuel est en face à face. Le gestalt thérapeute utilise divers moyens d’interventions et de techniques verbales et non verbales : élaboration de sens par la théorie du self, des techniques corporelles, le rêve, le théâtre, le clown, la création, le jeu, l’imaginaire, le mouvement et le corps. Le travail en groupe est particulièrement pertinent en Gestalt-thérapie. Le gestalt thérapeute interagit avec son patient, il peut lui donner des informations de ce qu'il observe, de ce qu'il ressent, de ce qu'il imagine. Il aide ainsi son patient à élargir son champ de conscience. Tous deux tentent de saisir quelque chose de la manière d'être au monde du patient.
Une caractéristique de cette psychothérapie est l’intérêt qu’elle porte à la configuration globale de la situation ici et maintenant, la situation étant le contexte, les personnes, l'environnement, l'organisation, la relation, et tout ce qui se manifeste là, dans cet espace-temps. Cette focalisation sur le processus est mise en avant, et l’attention portée à l'ici et maintenant et sur le « comment » permet d'éclairer le sens de nos comportements, de comprendre leur construction, leur histoire et ainsi de réinterroger les fondements profonds de l’être. Le travail consiste à insérer de la nouveauté, qui sera porteuse de changement et de remaniement en profondeur de l’être. La nouveauté portera sur les manières d'appréhender le monde, les manières d'y donner sens et de s’y comporter.
La gestalt-thérapie est une thérapie existentielle qui met l’accent sur le ressenti émotionnel, sur la responsabilité, et qui invite les individus à être acteur et auteurs de leurs choix et de leurs engagements.

7. LA BIOENERGIE. (I/G).
Lorsqu'un tracas survient, notre estomac se noue. Lorsque nous avons peur, nous tremblons. La personne humaine est une UNITE INTEGREE CORPS/MENTAL. Le SOMATIQUE et le PSYCHIQUE interagissent l'un sur l'autre et dans les deux sens. La plupart de nos inhibitions, de nos traumatismes psychologiques, de nos conflits émotionnels se manifestent non seulement comme "états d'âme" (versant psychologique) mais aussi comme symptômes physiques (versant somatique). Ils se voient traduit dans le "langage du corps", la plupart du temps sous forme de tensions musculaires, de perturbations respiratoires, de distorsions dans le mouvement et la motilité. Par exemple: si je suis très timide et que j'éprouve des difficultés à m'affirmer dans l'existence (versant psychique), il y a de fortes probabilités pour que ma respiration manque d'amplitude (versant somatique). Si je me sens obligé de donner aux autres et à moi-même l'image d'un individu qui "tient bon" en toutes circonstances (versant psychique), j'épouverai vraissemblablement des tensions localisées dans la nuque et les épaules (versant somatique). L’énegie vitale qui normalement devrait s'écouler régulièrement et librement (comme le sang dans les veines), se voit soudainement bloquée, entravée comme si un caillot en perturbait le cours.
En thérapie, le bioenergéticien commencera par procéder à une "lecture corporelle". En observant la manière dont son patient marche, respire, bouge, déplace son corps dans l'espace, il effectuera un relevé des tensions révélatrices de blocages émotionnels. Sur foi de ce diagnostic, il aidera celui-ci à retrouver les émotions reprimées pendant l'enfance (parce que frappées d'interdits) et les besoins vitaux insatisfaits (parce que méconnus) de façon à liberer l'expression des premiers et à permettre une meilleure satisfaction des seconds. Comme en psychanalyse, il s'agit donc d'un "langage" à décrypter, mais ici, ce langage est celui du corps plutôt que celui du verbe.
La méthode bio-énergétique a été développée aux USA par Alexandre LOWEN.

8. LE REBIRTHING (I/G).
Le rebirthing (de l’anglais “rebirth” = renaître) ouvre un accès privilégié aux zones les plus archaïques de la psyché, notamment aux expériences émotionnelles oubliées, vécues durant les premiers moments de la vie et celles qui ont entourés la naissance (expériences peri-natales).
Il se pratique en position couchée dans une chambre sombre. Le patient est invité à se détendre et à augmenter progressivement l'amplitude et le rythme de son inspiration et de son expiration. Après une vingtaine de minutes, le patient entre en hyperventilation. Sans perdre le contrôle conscient, il va se connecter aux expériences oubliées, très anciennes et, parfois, l'expérience "primale" de sa naissance. Pendant ce parcours, il est simplement invité à "laisser venir et à accepter ce qui vient", sans chercher à contrôler quoi que ce soit. Il traverse alors l'expérience revécue jusqu'à dissolution complète de la charge émotionnelle qui la leste.
Contrairement au bioénergéticien qui propose une panoplie d'exercices différents, le "rebirther" exploite uniquement les vertus de l'hyperventilation. Alors que le premier encourage son patient à extérioriser violemment l'émotion par le cri (exemple: en hurlant sa haine ou son désespoir) ou/et par le mouvement (en martelant des coussins), le second invite le sien à "traverser" celle-ci simplement en "respirant dedans".
Le Rebirthing s'est développé sous l'impulsion de Léonard ORR.
9. LA THERAPIE SYSTEMIQUE. (C).
L'homme est un être de communication. Mais la communication peut se gripper, s’enrayer ou se bloquer. Au sein du couple, dans la famille, entre parents et enfants, entre amis ou collègues, nous ne parvenons plus à nous parler. Ou alors, nous nous parlons, mais nous ne nous comprenons plus. C’est comme si nous communiquions sur des longueurs d’onde qui ne se rencontrent pas. Bien sûr nous discutons du problème. Mais d'explications en explications, de mises-au-point en mises-au-point, plus on parle, moins ça change. Pourquoi? Parce que chacun reste prisonnier de son CADRE DE REFERENCE habituel, c'est-à-dire de sa manière usuelle de percevoir les situations. Nous modifions l'agencement interne du cadre de référence tout en laissant inchangé le cadre lui-même. Or, le changement en profondeur, exige de "sortir du cadre", de nous placer sur un palier supérieur qui nous permette de voir autrement et de communiquer sur notre façon de communiquer (méta-communiquer). Alors seulement, nous sommes en mesure de faire apparaître les IMPASSES qui hypothèquent la relation et d’ouvrir des brèches salvatrices.
Cette manière d'envisager la résolution des problèmes est de toute première importance dans les pathologies de l'interaction c'est-à-dire dans les problèmes qui naissent à l'intérieur des systèmes relationnels humains. Un SYSTEME est un ensemble d'éléments qui, loin d'être simplement placés les uns à côté des autres comme des allumettes dans leur boîte, sont étroitement inteconnectés. Il en résulte que si l’on agit sur un des éléments du système, tout le système bascule. Les systèmes humains (couple, famille, groupe, entreprises) fonctionnent selon des lois qui sont mieux connues aujourd'hui. Connaître ces lois permet de repérer les "ratés" de l'inter-relation, de remplacer les modalités de communication malsaines, stériles et destructrices par des communications plus saines, plus gratifiantes, plus fécondes. L'approche systemique est utile pour la résolution des conflits conjugaux et familiaux. Elle postule que le “porteur du symptôme” (l’individu qui pose problème) est victime d’un mode de fonctionnement familial malsain. Elle permet alors aux membres de la familles de prendre conscience que la source de la pathologie se trouve dans leur mode de communication. Elle suppose que le thérapeute travaille en même temps avec les deux partenaires du couple ou avec tous les membres de la famille, de manière à éviter que la "guérison" de l'un des membres (le "patient identifié") ne se solde par l'entrée-en-maladie d'un autre ou par la déstabilisation de l’ensemble (ce qui reviendrait à déplacer le symptôme, non à "guérir" la famille).
Les initiateurs de la thérapie systémique sont Grégory BATESON, Don JACKSON et Paul WATZLAWICK. Son application à la thérapie familiale fut initiée par Virginia SATIR.
10. LA PROGRAMMATION NEURO-LINGUISTIQUE (P.N.L.) (I/G).
Notre manière de nous représenter le monde nous est aussi personnelle que nos empreintes digitales. Chacun voit et vit le monde à sa façon. Chacun s’exprime en utilisant des “longueurs d’ondes” qui lui sont propres. Nos problèmes ne sont pas la conséquence du monde tel qu'il est mais du monde tel que nous nous le représentons. En PNL, le thérapeute tentera de repérer les “longueurs d’onde” de communication de son patient. Cette "longueur d'onde" transite par les CANAUX SENSORIELS. Ainsi, lorsqu'un patient s'exprime avec des mots ou des expressions comme "je vois", "c'est clair"... on peut en déduire que son canal sensoriel dominant est le canal visuel. Lorsqu'il utilise plutôt des mots ou expressions du genre: "je me dis que", "j'entends bien"...il parle plutôt un langage auditif etc. L'observation du vocabulaire utilisé par le patient est donc un moyen de détection et de diagnostic (l'observation de ses mouvements oculaires en est un autre).
Beaucoup d’incompréhensions entre les gens prennent source dans le fait qu'ils s'expriment par des canaux sensoriels différents. En accordant une attention toute particulère à ces canaux spécifiques et en accordant sa longueur d'onde à la sienne, le thérapeute va se mettre au même diapason que son patient, parler son langage, entrer dans son système de représentation. La PNL se propose d'aider les personnes à résoudre leurs difficultés par un travail de courte durée, portant sur des problèmes ponctuels et précis.
Les initiateurs de la P.N.L. furent R.BANDLER et J.GRINGER

11. L'HYPNOSE ERICKSONIENNE.
Milton ERICKSON est un des initiateurs les plus prestigieux de la "thérapie brève" (thérapie de courte durée: une à cinq séances). Son originalité a été d'exploiter l'aspect hypnotique et métaphorique de la communication inter-humaine à des fins de changement personnel.
L'hypnose ericksonienne se distingue de l'hypnose classique. Dans celle-ci, l'hypnotisé perd son libre-arbitre et est soumis au pouvoir suggestif de l'hypnotiseur. Rien de tel, ici. Induit dans un état de conscience intermédiaire entre veille et sommeil, le patient garde le contrôle de ses actes et l'intégralité de son libre-arbitre. Le thérapeute suggère, mais n'impose rien. L'hypnothérapeute fait généralement un usage intensif de la "métaphore thérapeutique". Cela veut dire qu'une fois connu le système de croyance et de représentation du patient (sa mythologie personnelle), il invente des histoires, des contes, des paraboles, des fables appropriées. Il les choisira de manière à ce qu'elles prennent place dans ce système de représentation mais, dans le même temps, l'ouvrent à des virtualités non encore explorées, créent de nouveaux sens capables de soulager la tension ou le tourment. Notons enfin que l'hypnothérapeute, comme le thérapeute systémique, opte pour une attitude résolument active. Il n'hésite pas, au besoin, à proposer, ou même à imposer, des tâches à réaliser hors des séances. L'idée sous-jacente est que la thérapie ne se limite pas aux entretiens thérapeutiques. Elle se prolonge dans la vie de tous les jours.
Source : Patrick Traube. Comment choisir sa psychothérapie, St Germain-en-Laye Ed.Chiron 1998.

12. Les thérapies intégratives ou multiréférentielles.
Ce courant psychothérapique ne privilégie aucune théorie et peut les associer si elles permettent d’être plus efficace pour le Sujet. Ce type de psychothérapie s’est développé à partir du souci des thérapeutes d’adapter et d’utiliser différentes techniques, théories dans le but d’aider au mieux leur thérapisant. Il convient donc de connaître un certain nombre de psychothérapies, de poser leurs indications et d’évaluer leur efficacité. Il y a refus de s’inscrire de manière privilégiée dans la spécificité d’une approche, considérant qu’elles peuvent toutes apporter des éléments pertinents.
Les praticiens intégratifs puisent aux diverses approches ce qui leur semble approprié pour aborder la singularité de chaque sujet en présence. Il y a refus de s’inscrire de manière privilégiée dans la spécificité d’une approche, considérant qu’elles peuvent toutes apporter des éléments pertinents. Les techniques prennent le pas sur la théorie et sur la méthode : opérer les meilleures combinaisons possibles en vue de la plus grande efficacité.
En revanche les tenants de la démarche multiréférentielle favorisent l’articulation entre deux approches ou plus de façon à maintenir la tension de la complexité de chaque être humain et de chaque situation. Ils ne cherchent pas à intégrer entre elles des approches incompatibles mais à créer un jeu entre elles qui maintienne le mouvement. Ils veulent garder à chaque approche psychothérapeutique son statut d’équilibre provisoire et de connaissance partielle.

13. Psychologie de la motivation.
Paul DIEL, fondateur de la psychologie de la Motivation, a proposé, en avance sur son époque, une vision unifiante de l'homme intégrant aussi bien ses modes de fonctionnement sains que pathologiques. Il a élaboré une psychologie ouverte sur les phénomènes biologiques, les engagements sociaux et les aspirations spirituelles.
Une recherche de nature anthropologique (traditions spirituelles, philosophies, sciences humaines) a tenté à travers les siècles de trouver des réponses aux questions fondamentales : qu'est-ce que la personne humaine ? quel est le sens de la vie ? La Psychologie de la Motivation s'inscrit de façon originale dans cette recherche et la prolonge en proposant une méthode visant à développer le regard intérieur et la mobilisation des ressources internes. Son outil spécifique est l'analyse de la délibération intime : les motivations conscientes et extra-conscientes qui cristallisent l'énergie de nos désirs, toujours à la recherche de leur satisfaction.

14. Psychosynthèse.
Elle concerne toute personne désireuse d’entreprendre une démarche d’évolution, que la motivation en soit de :
- mieux se connaître,
- améliorer sa façon de communiquer avec les autres,
- faire face aux contradictions et aux conflits,
- trouver ou retrouver la confiance en soi,
que l’on soit ou pas un professionnel de l’éducation, de la santé, du social.
Finalement à toute personne qui cherche à accéder à son énergie créatrice et harmonisante pour construire sa vie comme une œuvre d’art.
La psychosynthèse est née au début du 20e siècle. Son fondateur en est un psychiatre italien, Roberto Assagioli (1988-1974). Elevé dans un milieu humaniste, il s’intéresse très tôt aux questions concernant la psychologie, en particulier la notion de l’inconscient. Il se forme à la psychiatrie en suivant les cours de Krapelin à Munich avec Ernest Jones, et en travaillant à l’hôpital du Burghölzli de Zürich, sous la direction d’Eugène Bleuler avec lequel travailla également C. G. Jung. Avec ce dernier, il collabore à la revue « Jahrbuch » et y publie un article sur le développement des idées de Freud en Italie. Assagioli fait partie de ceux qui participèrent aux débuts de la psychanalyse. Toutefois, sa thèse de doctorat soutenue en 1910 est déjà une étude critique de cette approche de l’inconscient. A travers sa pratique, il prend conscience des limites de la psychanalyse qui partant d’une conception trop mécaniste et trop positiviste, exagère l’importance des conflits liés à la sexualité et ne tient pas compte de la nature spirituelle de l’homme. Cherchant à donner un complément aux approches analytiques des forces pulsionnelles de l’inconscient, il s’ouvre à l’étude d’autres énergies émanant de la dimension transcendante de l’être humain. Il élabore ainsi une méthode de thérapie, d’éducation et de développement de la personnalité, qu’il dénomme « psychosynthèse ».
En 1926 est fondé à Rome le premier institut où se pratique la psychosynthèse. D’autres suivent en Europe et dans le monde. La psychosynthèse est introduite en France dans les années 50 mais l’Institut Français de Psychosynthèse n’ouvre qu’en 1970. A la demande d’Assagioli qui les a formées, Suzanne Nouvion et Jacqueline de Chevron-Villette créent à Paris un centre destiné à diffuser et promouvoir la psychosynthèse en France.
A la fois conception et approche psychologique de la personnalité, la psychosynthèse est un processus de connaissance de soi et de transformation vers l’unification de soi. Caractérisée par quatre aspects, elle est :
GLOBALE - Elle concerne l’individu dans sa totalité : corps, pulsions, sensations, sentiments, intelligence, imagination, intuition, mais aussi aspirations les plus élevées d’ordre scientifique, esthétique, philosophique, moral, etc.
DYNAMIQUE - Le processus de création de soi s’appuie sur l’histoire de chacun, famille, culture, tout ce qui a laissé des traces et formé la personnalité (émotions, conflits, modèles, relations, etc.). Elle permet de libérer les énergies bloquées et propose une conception renouvelée de la volonté, ou énergie volitive, facteur de réalisation et d’harmonisation.
CONSTRUCTIVE - La psychosynthèse procède par étapes, élargissements successifs du champ de conscience autour d’un centre unificateur. Ce parcours s’effectue en respectant le rythme et les aspirations de chacun, en s’appuyant sur les ressources personnelles acquises ou à développer.
CONCRETE - Les techniques proposées sont variées, accessibles à tous et peuvent s’appliquer dans la vie quotidienne. Elles s’appuient sur les expériences de soi (par exemple une meilleure conscience de son corps) que l’on peut faire à travers des actes ou des situations même ordinaires avec une conscience de plus en plus aiguë. Cette attention nouvelle à soi et aux autres ouvre à la découverte du sens de la vie personnelle, à des expériences d’être de plus en plus élaborées pouvant aller jusqu’à la transcendance pour certains.

15. Les sexothérapies.
Mises au point dans les années 60, les sexothérapies cherchent à recréer les conditions d'une sexualité épanouie. Contrairement aux autres traitements des troubles sexuels (médicaments, chirurgie, psychothérapies ou thérapies de couple) utilisés par d'autres thérapeutes, les sexothérapies sont toujours menées par des sexologues et font la spécificité de la sexologie.
Qu'appelle-t-on sexothérapies ?
Approches thérapeutiques des troubles sexuels, les sexothérapies ont été mise au point par William Masters et Virginia Johnson, il y a près de 40 ans. A l'époque, Masters et Johnson proposaient que deux sexologues - un homme et une femme - prennent en charge le couple en difficulté. Aujourd'hui, pour des raisons pratiques, peu de sexologues travaillent dans ces conditions idéales. Dans le cas où ce dispositif est mis en place, on parle de cothérapies de couple. Lorsqu'il suit une sexothérapie, le couple effectue, d'une part des expériences sexuelles chez lui, d'autre part des entretiens avec le ou les sexologues.
Les expériences sexuelles
Ces expériences ont pour but de créer ou de recréer un climat favorable à la sexualité : climat de détente, d'érotisme et d'échange. Ces expériences sont adaptées au problème particulier que rencontre le couple (trouble de l'érection, éjaculation prématurée, vaginisme, etc.). Elles sont toujours, en apparence, très simples à réaliser. Pourtant, le couple rencontrera parfois certains obstacles. Loin d'être un écueil avant-coureur d'un échec, ces obstacles permettront, au contraire, de mieux identifier le blocage rencontré par l'un des partenaires. Avec l'aide du sexologue, le couple pourra dépasser cet obstacle ou s'orienter, si nécessaire, vers une autre thérapie, mieux adaptée à son problème.
Un exemple d'expérience sexuelle proposée : le sensate focus ou épreuve de concentration sensorielle. Cette expérience doit permettre à chacun de se recentrer sur son corps, de porter une attention particulière aux sensations perçues, de sortir du cercle vicieux de l'échec : une défaillance entraîne un stress lors des rencontres sexuelles suivantes, stress qui est à nouveau source de problèmes.
Les entretiens
Ils sont un temps de réflexion sur ce qui s'est passé lors des expériences, et sur ce qui se passe dans la vie du couple. Le dialogue s'engage, le thérapeute et chacun des membres du couple s'expriment. Si tout s'est bien passé, une nouvelle expérience est proposée. En cas de problème ou de difficulté, l'échange tente de l'éclaircir, de comprendre et de trouver des stratégies pour dépasser cet obstacle. La mise en évidence et la compréhension du phénomène suffit parfois à le résoudre. Dans d'autres cas, une expérience sexuelle adaptée débloquera la situation.
Intérêts et limites des sexothérapies
Ces méthodes sont parfaitement adaptées à la prise en charge des troubles sexuels dont l'origine se situe dans un manque de connaissance de la physiologie sexuelle, ou dans une mauvaise communication au sein du couple. Dans les cas où le symptôme sexuel trouve son origine dans des conflits inconscients, la sexothérapie ne pourra pas tout résoudre, mais elle permettra au couple de mieux se comprendre, d'adapter sa sexualité ou d'envisager une autre démarche de thérapie plus adéquate.
Situation courante de consultation d'un sexothérapeute
- Les troubles de l'érection
- L'éjaculation retardée
- Les troubles du désir chez l'homme
- Les troubles du désir chez la femme
- Le vaginisme
- Les troubles du plaisir chez la femme

16. Somatothérapie – Psychosomatothérapie.
La somatothérapie offre un espace de développement personnel qui s’appuie sur des processus thérapeutiques de libérations dans le ressenti corporel, le fonctionnement mental, le vécu émotionnel. Ce qui se traduit par l’émergence de contenus occultés, refoulés, occasionnant des recompositions intérieures (psychique, énergétique).
La somatothérapie désigne l’ensemble des techniques corporelles et toute la dimension du travail corporel en thérapie. Ces techniques font appel à ce que l’on appelle la mémoire corporelle. Libérer cette mémoire corporelle nous met en relation avec les émotions qui lui sont liées, telles que la peur, la tristesse et qui sont restées enfermées dans le corps. Partant du postulat que les émotions non supprimées, issues de traumatismes, s’émouvant corporellement sous forme de tensions, de sensations, de maladies psychiques et / ou physiques, la somatothérapie repose sur la participation du corps associé à la psyché, à notre capacité de verbalisation des émotions vécues dans la voie de la guérison.
Ce travail offre à chacun un lieu d’observation de ses modes de relations, de ses croyances, de ses émotions : il s’agit de prendre conscience des besoins sous-jacents, des conflits, des refus liés à des situations ou circonstances du passé… et de leur retentissement dans la vie quotidienne, sociale, familiale et professionnelle.
Ce que la personne ressent, à travers le toucher thérapeutique, ce qu’elle associe à travers les visualisations et les évocations du passé lui dévoilent les condensés, les fixations, les inscriptions dans le vécu corporel. Ce qui se joue, se dénoue, se visite sont les expressions de la réalité « autobiographique » sur des supports corporel et psychique.
Le corps apparaît mémoire de l’histoire de la personne, les situations de vie sont inscrites dans le vécu corporel que les mécanismes défensifs ont transformé, déplacé et relégué dans les profondeurs de l’inconscient. Des symptômes peuvent apparaître : angoisses, blocages, tensions, somatisations, que l’organisation individuelle perçoit ;
La somatothérapie donne à la personne d’explorer sa problématique, ce qui appelle un retour d’informations émotionnelles, sensorielles, symboliques vers la conscience. Ces découvertes favorisent des remaniements et ouvrent au changement par l’émergence des ressources ignorées, la compréhension de compétences non mobilisées, le dépassement du refus.
La relation d’aide par le toucher permet de vivre la perception du corps et des mouvements vitaux, de ressentir, de respirer et de se révéler à soi par des « lâchers », des résistances et des découvertes. L’accompagnement thérapeutique et le suivi mettent en jeu la relation de confiance et autorisent l’approfondissement des besoins au fur et à mesure.
L’expression verbale et l’exploration corporelle par les techniques de relaxation, de toucher thérapeutique et de respiration, les régressions émotionnelles et somato-psychiques favorisent la prise de conscience des zones corporelles investies initialement. Elles sont alors réactivées et deviennent le lieu de compréhension à la fois physique et psychique de sensations et d’émotions liées aux situations premières, situations inachevées, particulières, insatisfaisantes, traumatiques, refusées.
La personne fait le lien entre son corps et sa vie. C’est une expérience d’intégration : cet éclairage permet d’autres élaborations qui ouvrent sur des potentialités créatives et des mouvements de vie nouveaux.
Quand les tensions, les traumatismes sont soulagés, le corps se libère et retrouve sa forme naturelle. La position retrouve son équilibre, les énergies réparties à travers le corps sont libres de fonctionner et nous vivons alors un sentiment de joie de vivre. En passant par l’expression verbale de l’émotion vécue comme point d’unification et de réconciliation entre le corps et le mental, l’émotion est utilisée comme moyen de dissolution des tensions tant physiques que psychiques.
A travers un processus d’intégration, de transformation et de prises de conscience successives, la somatothérapie est une approche thérapeutique qui aide à la résolution du trouble initial et de ses symptômes. Elle permet de libérer de fausses croyances sur soi-même et finalement de dépasser les conflits intérieurs qui entravent notre liberté d’être.
La somatothérapie est une plongée en soi. Prendre soin de soi n’a rien de commun avec l’égocentrisme. Il ne s’agit pas de se focaliser sur notre nombril ! Il s’agit de reconnaître nos blessures, nos peurs, nos manques. Il s’agit de prendre conscience que ce sont elles qui nous poussent à répéter inlassablement des comportements destructeurs.
Il est important de réaliser que s’il nous est impossible de changer les autres, le monde, en revanche nous pouvons transformer, changer le regard que l’on porte sur notre vie. Devenir responsable de « son monde », c’est participer activement à son propre bonheur, et par extension, à celui des personnes que l’on rencontre.
En somathotérapie le corporel reprend sa place. Les techniques utilisées permettent de libérer les tensions, les peurs, les angoisses à l’origine de notre mal-être et du manque de confiance en soi.
Notre corps est comme un carnet de voyage qui contiendrait la mémoire de notre vécu. Le corps se souvient de nos joies, de nos peines, de nos émerveillements, de nos traumas aussi… Il est notre allié sur le chemin qui nous conduit vers nous-mêmes. Nous ne comprenons pas toujours son langage et le premier pas consiste à se mettre à son écoute.
Mettre des mots sur nos souffrances physiques et / ou psychiques, devenir attentif à nos besoins, apprendre à se satisfaire est un chemin d’authenticité, de respect de soi et des autres. Nous cessons alors de vivre en automates (objet) pour participer à la vie de manière responsable.
La personne est de retour : intègre, intégrée, intégrale.
La thérapie se fait enfin dans la globalité de l’être.

17. Sophia-analyse.
Créée par Antonio Mercurio, la Sophia-analyse est issue de la psychanalyse et intègre la dimension existentielle, philosophique et anthropologique. Elle se réfère notamment aux concepts issus de l’École anglaise (M. Klein et Winnicott) et exploite volontiers le travail en groupe ainsi que l’aspect créatif et artistique.
Elle s’est surtout développée en Italie (avec 9 instituts de formation) ainsi qu’en Belgique (avec spécialisation en thérapie de couple). L’ensemble des instituts européens ont créé la Sophia University of Rome (SUR) qui organise régulièrement des colloques internationaux.
L’Institut de Sophia-analyse de Paris a été fondé en 1986. Il est dirigé par Hervé Etienne.
Le nombre de thérapeutes qualifiés en exercice est encore peu élevé.

18. L’Analyse Psycho-Organique (APO).
L’APO a été développée par Paul Boyesen à la fin des années 70, à partir de la Psychologie Biodynamique. Elle associe une approche psychanalytique et une approche psychocorporelle : en APO, une pensée n’a pas seulement un contenu mais aussi un contenant : le corps. Le mot passe par une image et touche le corps ; inversement, à partir de « l’inconscient cellulaire », se forment une image et un mot.
Cette approche est présente en France, Allemagne, Belgique, Espagne, Luxembourg, Suisse, ainsi qu’en Russie et Lettonie. L’Association européenne (EAPOA), créée en 1986 et recon-nue par l’EAP, regroupe 500 psychothérapeutes appartenant à plusieurs associations nationales.
L’institut de formation le plus important se trouve en France et compte plusieurs dizaines de spécialistes. Chaque association nationale publie une revue et des livres. Les principaux responsables français en sont : Paul Boyesen, Éric Champ, Jacqueline Besson, Chantal Vaglio, Anne Fraisse.
La revue française (ADIRE) a publié déjà 18 volumes et 7 manuels d’enseignement.

19. Art – thérapie.
L'art-thérapie est un accompagnement de personnes en difficulté (psychologique, physique, sociale ou existentielle) à travers leurs productions artistiques : œuvres plastiques, sonores, théâtrales, littéraires, corporelles et dansées. Ce travail subtil qui prend nos vulnérabilités comme matériau, recherche moins à dévoiler les significations inconscientes des productions qu'à permettre au sujet de se recréer lui-même dans un parcours symbolique. Les interventions d'artistes, de soignants, travailleurs sociaux et enseignants, s'étendent désormais au champ social et pédagogique et permettent notamment de traiter le problème de la violence contemporaine. L'art-thérapeute travaille en milieu institutionnel ou en développement personnel en libéral ou associatif.
L'art-thérapie est-elle une psychothérapie ?
Une personne souffre de troubles et de difficultés. Telle est la situation de départ. La suite est différente selon qu'il s'agisse d'une psychothérapie traditionnelle ou d'une art-thérapie.
Déroulement d'une psychothérapie
Classiquement, le psychothérapeute propose un cadre structuré par un espace qui se situe hors de la réalité de la personne, un temps, une périodicité, une position des corps en présence (allongé/assis ou assis/assis), des règles du jeu (pas de censure, interdiction de passage à l'acte), un mode de rétribution, etc. A l'intérieur de ce cadre thérapeutique, la personne continue de s'exprimer en /je/ici/maintenant/, évoquant un /je/ ailleurs/ à l'époque présente, ou bien /naguère/, ou bien /jadis/ (dans la petite enfance par exemple). La personne examine ses symptômes ainsi que ses autres productions complexes spontanées (rêves, lapsus, passages à l'acte, etc.) comme voies de connaissance de son inconscient grâce à l'analyse qui procède à une "décomplexification", à la recherche de significations sous-jacentes. Le tout se déroule dans la relation transférentielle actuelle, véritable création à deux, lieu de reproduction inédite de configurations de répétition qui à y être expérimentées et analysées parviennent à se résoudre.
Principes de l'art-thérapie
Voyons ce qui se passe en art-thérapie. Plutôt que de demander à la personne d'être Sujet de son histoire, on lui demande d'être Sujet, d'être auteur dans l'imaginaire ou dans d'autres langages que l'introspection.
Je m'explique : le premier temps est le même qu'en thérapie classique et la personne parle d'elle et de ses difficultés. Le deuxième temps s'apparente à la rêverie, à l'état d'inspiration du créateur qui crée à partir de lui-même. Il s'agit en quelque sorte de figurer des mises en formes imaginaires de soi-même, des déclinaisons de son identité, elle-même en mouvement, à travers des formes artistiques, sans intentionnalité trop pesante (pas d'autoportrait trop conscient par exemple). Les langages peuvent être verbaux (invention de fictions), plastiques, sonores, gestuels, etc. On est ainsi passé d'une production complexe spontanée (symptôme) à une production complexe commandée par le thérapeute qui, comme le psychanalyste de tout à l'heure, fournit un cadre qui ressemble au précédent par l'ouverture aux associations libres mais s'en distingue par l'obligation d'une production en /il/ qui refuse le conforme et le stéréotypé, pousse plus loin ce qui se trouve en potentialité (mouvement graphique, gestualité spontanée, rythmique, jeux de couleurs, improvisation théâtrale, etc.), organise secondairement l'expression première, parfait la forme jusqu'à ce qu'elle aboutisse à un résultat satisfaisant et fort.
La différence avec une production artistique banale tient à ce que le processus se déroule dans un cadre thérapeutique marqué par le travail sur soi-même, même s'il emprunte comme ici des voies inhabituelles. La configuration transférentielle existe tout autant (rappelons que pour Freud le transfert ne se limite pas à la situation psychanalytique), mais plutôt que de se traduire en discours sur un divan, en fantasmes et... en rêves transférentiels, elle se concrétise dans une production qui la figure et sur laquelle œuvrer.
La personne souhaitait être Sujet d'elle-même et de la dissolution de ses troubles à travers leur explicitation, l'art-thérapeute lui propose d'être Sujet de sa production dont elle respecte l'énigme, au moins en partie. Elle part de ses douleurs, de ses violences, de ses folies non pas pour les anéantir mais pour en faire le matériau d'une œuvre qui puise aussi dans ses joies, ses intensités, ses idéaux, et dont il est attendu que par des voies mystérieuses elle agisse sur la transformation de son auteur.
L'art-thérapie s'étend maintenant à des interventions qui dépassent largement la psy (psychotiques, autistes, handicapés mentaux) : quartiers urbains à violence, maisons de retraite, toxicomanes, sidéens, handicapés, détenus, personnes traumatisées, abusées. Elle est efficace aussi dans la prévention, et auprès de personnes en recherche personnelle.
Cette relation d'aide permet de cerner une authenticité qui n'est parfois atteignable que grâce à ce détour ("Donnez-lui un masque, il vous dira la vérité" O. Wilde)
Le parcours de créations provoque peu à peu la transformation du sujet créateur, lui indique un sens, lui permet de partir de ses douleurs et de ses violences, de ses folies, de ses joies aussi, de toutes ses intensités, de ses idéaux comme de ses forces obscures, pour en faire le matériau d'un cheminement personnel.
La thérapie ajoute à l'art le projet de transformation de soi-même, mais l'art ajoute à la thérapie l'ambition de figurer une version des grands questionnements de l'humanité.

20. EMDR.
Le sigle EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) se traduit littéralement par « désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires ». Toutefois, l'appellation française officielle est intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires - bien que l'on s'en tienne généralement à EMDR.
Mise au point dans le courant des années 1980, l'EMDR est spécifiquement reconnu pour le traitement des personnes ayant subi des traumatismes importants, et souffrant du syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Grâce au processus neurologique mis en oeuvre par cette thérapie, le cerveau « intègre » ou « digère » les résidus dysfonctionnels du passé jusque-là restés insidieusement éveillés. À la suite de cela, les souvenirs sources d’angoisse diminuent progressivement leur charge affective, en mettant fin à la souffrance et aux réactions généralement associées (crises de panique, peurs incontrôlées, anxiété, compensations de toutes sortes, etc.).
De plus en plus, l’indication de l'EMDR s’est étendue aux phobies et aux affects dépressifs – suivant l’idée qu'un grand nombre de problèmes personnels découlent d'expériences difficiles vécues dans l'enfance.
Considérée comme une thérapie brève, l’EMDR nécessite une procédure et un cadre rigoureux. Bien que la thérapie ait recours à des pratiques psychothérapeutiques classiques, sa caractéristique est l'utilisation de la stimulation double (visuelle, auditive ou tactile). Tandis que la personne replonge intensément dans ses souvenirs, le thérapeute intervient régulièrement pour provoquer une stimulation sensorielle, comme déplacer rapidement ses doigts devant les yeux de la personne qui doit alors les suivre tout en gardant la tête fixe.
Le mouvement rythmique des yeux correspondrait à celui qui a lieu spontanément pendant les rêves (la phase de sommeil dite rapid eye movement ou REM). Cette stimulation se transmet de manière complexe dans différentes parties du cerveau, plus précisément dans sa partie la plus ancienne (dans l'évolution humaine) qu'on appelle cerveau limbique ou cerveau émotionnel.
Grâce à ces simples procédés, les images, les perceptions et les souvenirs qui étaient codés négativement dans le cerveau émotionnel sont littéralement « recodés » et perdent de leur intensité. Comme si, graduellement, les éléments néfastes étaient « délestés » du système pour être remplacés par des éléments bienveillants.
Les hypothèses décrivant l’efficacité de l'EMDR ont été émises après coup. Certaines d'entre elles sont par ailleurs applicables dans d'autres domaines de la psychoneurologie ou la neurobiologie. Parmi les mécanismes que l'on soupçonne être en cause, mentionnons :
• La synchronisation des hémisphères du cerveau.
• L'ordonnance systématique des éléments du souvenir que sont l'image, la représentation négative et les sensations physiques.
• La modification biologique des réseaux de neurones, alors que de nouveaux circuits sont tracés.
• Et les facultés d'autoguérison de la psyché.
Déroulement des séances
Le protocole de la thérapie EMDR repose sur un ensemble de principes qui sont essentiels à une approche humaniste et intégrative de la médecine et de la santé : la confiance dans la capacité d’auto-guérison propre à chacun, l’importance de l’histoire personnelle, une approche centrée sur la personne, un bien-être restauré, l’importance du lien corps-esprit.
Pendant les séances, au moment des périodes de stimulation double, le thérapeute demande au sujet de se représenter l'événement à l'origine du problème. La représentation peut être visuelle, émotionnelle, cognitive ou physique. Elle peut comporter un dialogue sur les perceptions, les émotions et les sensations liées à cet événement, mais pas nécessairement. Ce type de dialogue sera similaire à celui d'un grand nombre de psychothérapies, à la différence qu'on entre moins dans les détails et que le sujet est constamment invité à évaluer son niveau d'inconfort. À certains moments, pendant le processus, le thérapeute soumet la personne à un stimulus sensoriel affectant les deux côtés du corps; il peut s'agir de mouvements devant les yeux, de sons de chaque côté de la tête ou de tapotements sur les deux bras. Puis le processus reprend, et ainsi de suite plusieurs fois.
L'EMDR s'inscrit à l'intérieur d'un traitement thérapeutique dont toutes les dimensions doivent être bien gérées. Évidemment, il existe différentes façons d'utiliser l'approche en fonction des problèmes du sujet. Le processus complet comprend plusieurs étapes, dont une phase de préparation. Le nombre total de rencontres requises varie généralement de 3 à 15. La durée d’une séance varie de 60 à 90 minutes. Le traitement des traumatismes ne commence jamais avant une ou plusieurs séances de préparation.

21. HAPTOPSYCHOTHERAPIE (Psychothérapie Haptonomique).
L’haptonomie fait partie des Sciences Humaines. Elle concerne le fondement même de l’existence à partir duquel chaque être humain s’épanouit et se développe pour suivre sa trajectoire personnelle.
Définie comme « Science de l’Affectivité », elle est une science dans la mesure où elle met en œuvre des phénomènes typiques de la personne humaine, reproductibles et vérifiables.
« Hapto » est une racine grecque signifiant : j’entre en contact tactile, je réunis, je (m’)attache à ; j’établis (tactilement) une relation, un contact, pour rendre sain, pour guérir, rendre entier, pour confirmer l’autre dans son existence.
L’haptonomie ouvre à une façon d’être au monde qui fait appel à des facultés affectives spécifiquement humaines. Ce sont des facultés originelles qui régulent les contenus et qualités des rapports entre les humains et déterminent la nature et l’essence de leurs rencontres.
L’accompagnement haptonomique permet à la personne de mettre en œuvre ses facultés affectives. Celles-ci se développent et tendent vers leur maturation.
Dans le sentiment de sécurité qu’elle instaure, l’haptonomie fait appel au désir de vivre (libido vitalis). Le contact psychotactile, spécifique de la phénoménalité haptonomique, n’est aucunement réductible à un « toucher ». Il fait un appel à l’intentionnalité vitale de la personne. Celle-ci, affermie existentiellement, ou mieux, confirmée dans son affectivité, prend l’initiative de mettre en œuvre ses propres facultés, aptitudes ou dons, dans sa relation avec les autres.
L’haptopsychothérapie est une forme d’assistance, d’accompagnement, de thérapie qui vise à aider la personne à recouvrer, restaurer ou développer sa santé psychique. Elle s’adresse aux personnes en souffrance, en malaise existentiel, confrontées à un sentiment de frustration et d’incomplétude de leur être, ceci lié à leur histoire personnelle.
L’haptopsychothérapie offre à la personne aidée la possibilité de mobiliser elle-même les ressources liées à sa libido vitalis – désir et plaisir de vivre – qui est au fondement même de l’existence humaine.
« C’est l’application de la phénoménalité haptonomique dans sa forme la plus complète. Psychothérapie affectivo-confirmante, elle est orientée vers la personne et vers la constitution d’une sécurité interne de celle-ci, source de son autonomie et faisant appel à ses facultés affectives. »
D.Décant « L’haptonomie », Que sais-je ?, 3626, PUF.

22. Pleine Conscience (Mindfulness).
"Etat de conscience qui résulte du fait de porter son attention, intentionnellement, au moment présent, sans juger, sur l’expérience qui se déploie moment après moment". Kabat-Zinn, 2003.
Pleine conscience et psychothérapie
La pleine conscience est intégrée dans différentes formes de psychothérapies et d'interventions psychologiques. Certaines interventions sont basées principalement sur la pleine conscience, comme la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (MBCT) ou l'entrainement à la gestion du stress basé sur la pleine conscience (MBSR). D'autres interventions font référence à la pleine conscience, mais en l'intégrant avec d'autres formes d'action, par exemple la thérapie dialectique de M. Linehan, ou la thérapie ACT (Acceptance and commitment therapy).
Une forme de thérapie basée sur le pleine conscience:
La thérapie cognitive basée sur la pleine conscience comme prévention de la rechute dépressive
La Mindfulness Based Cognitive Therapy (MBCT), en français thérapie cognitive basée sur la pleine conscience, est une approche de groupe développée par Zindel Segal, John Teasdale et Mark Williams, qui est destinée à prévenir les rechutes dépressives chez les patients en rémission d'une dépression unipolaire récurrente.
Nous savons qu'en présence d'un état de tristesse transitoire, les patients ayant déjà eu plusieurs épisodes dépressifs ont tendance à réactiver de manière facilitée des patterns de pensées et d'émotions négatives pouvant déclencher une rechute. La MBCT vise la prise de conscience de ce mode de fonctionnement de l'esprit et favorise la construction d'une nouvelle attitude à l'égard de ces pensées et émotions. Les pensées sont alors vues comme des événements mentaux, indépendamment de leur contenu et de leur charge émotionnelle. Ce programme intègre des techniques de thérapie cognitive avec la pratique de la méditation. La méditation permet en particulier de se centrer sur le présent, de se tenir à l'écart des ruminations négatives et de se déconnecter de cette spirale.

23. Psychothérapie des schémas.
La psychothérapie des schémas relève d’une psychothérapie intégrative, c’est-à-dire issue de plusieurs courants théoriques. La schéma-thérapie, basée sur les méthodes cognitives et comportementales, intègre aussi les perspectives et techniques issues de la psychodynamique ( relation thérapeutique, re-maternage partiel), de la théorie de l’attachement (Bowlby), de la Gestal-Thérapie (travail sur les émotions). La thérapie des schémas s’inscrit dans un mouvement congruent aux avancées actuelles des neurosciences.
Jeffrey Young est le fondateur et directeur de l’institut de la Schéma Thérapie à New York.
La thérapie des schémas est particulièrement sensible aux relations entre les pensées et le comportement ( soit l’aspect cognitivo-comportemental), mais elle donne aussi une place très importante aux méthodes émotionnelles et à la relation thérapeutique.Le premier objectif de la thérapie des schémas repose sur l’identification des scénarios de vie dysfonctionnels, l’identification et l’activation des schémas inconscients, la compréhension des origines infantiles des schémas, l’identification des styles et des réponses d’adaptation. Après la phase de diagnostic, le thérapeute utilise différentes méthodes cognitives, comportementales et émotionnelles pour guider le sujet dans son processus de changement. La prise de conscience des relations entre les différents éléments, cognitifs, émotionnels et comportementaux permet au sujet d’exercer un contrôle sur ses réponses émotionnelles. Le style thérapeutique de la schéma-thérapie utilise la confrontation empathique ou mise à l’épreuve empathique de la réalité. Les sujets, se sentant compris et reconnus, acceptent mieux la nécessité du changement.

24. Analyse existentielle, ou da-sein analyse.
La Daseinsanalyse est une forme de psychothérapie d'inspiration psychanalytique et phénoménologique née en Suisse. La Daseinsanalyse puise sa source dans l'ouvrage du philosophe allemand Martin Heidegger Être et Temps en 1927. Dans cette oeuvre majeure, Heidegger reprend la question de (l') être, laissée dans l'oubli. Méthodologiquement cependant, le philosophe s'emploie tout d'abord à déterminer l'essence du Dasein (l'être humain ou existence), seul étant disposant d'une ouverture à son propre être. C'est en ce sens que Heidegger posera les fondements d'une analytique existentiale du Dasein ou 'Daseinsanalytik'. La Daseinsanalyse dispose d'un double fondement: philosophique et psychanalytique. De cette dernière, elle reprendra l'intuition freudienne de la psychopathologie, à savoir que les symptômes psychiques peuvent être motivés et avoir un sens caché. La Daseinsanalyse reste résolument phénoménologique puisqu'elle procède par une méthode d'explicitation (Auslegung) plutôt que par un procédé interprétatif (Bedeutung).
Elle a été fondée par Ludwig Binswanger et Medard Boss, tous deux psychiatres exerçants en suisse alémanique. L. Binswanger concevait la Daseinsalyse davantage comme une méthode de recherche sur l'être humain. Il n'était pas directement intéressé par sa dimension psychothérapeutique, raison pour laquelle il ne fonda pas d'école pour l'enseigner. En revanche, Medard Boss développa dans les années 1960 à Zürich une formation en Daseinsanalyse (Daseinsanalytisches Institut für Psychotherapie und Psychosomatik) pour les psychiatres et les psychothérapeutes. À Zürich, la Daseinsanalyse est principalement représentée et enseignée aujoud'hui par le Dr. Alice Holzhey-Kunz au Daseinsanalytisches Seminar (DaS).
La spécificité de la Daseinsanalyse : une herméneutique existentiale
La spécificité de l'approche Daseinsanalytique par rapport aux autres approches existentielles réside dans une compréhension ontologique de la situation du Dasein (existant humain ou être humain) appelée Condition Humaine. Ce fut le mérite d'A. Holzhey-Kunz d'arriver à déployer dans toute son originalité les relations entre la conception philosophique de l'herméneutique existentiale de Heidegger avec la psychopathologie psychanalytique (Ouvrage : Leiden am Dasein, 1994). En effet, Heidegger décrit le Dasein dans sa double dimension ('zweideutigkeit') ontique et ontologique, autrement appelée la 'différence ontologique'. Ainsi, dans toute situation concrète - ou ontique - le Dasein est confronté à une dimension - ontologique - qui concerne ou relève de son être. Dans une telle perspective, la souffrance de l'être humain n'est pas simplement à identifier de manière concrète, comme étant due par exemple à un trouble psychique ou à une maladie psychique (raisonnement tautologique par excellence), mais au rapport qu'entretien le Dasein avec, par exemple et entre autres dimensions ontologiques, sa corporéité (Leiblichkeit, Cf. Merleau-Ponty) et sa mienneté (Jemeinigkeit) pour l'anorexie mentale, sa faillibilité (Brüchigkeit) et l'imprévisibilité (Unvorhersagbarkeit) de son corps pour les hypocondriaques, son indéléguable devoir-exister ("Dass ich bin und zu sein habe" - trad. française: "que je suis et que j'ai à être") pour les dépressifs, sa rassurante - mais ô combien riche en angoisses...- illusion de contrôle pour les troubles anxieux etc.
Ainsi, les tentatives répétées pour contrôler une situation, comme par exemple d'éteindre la lumière, de contrôler que les plaques du four sont éteintes, de se laver les mains maintes fois, n'ont pas à être comprises dans leur fonction concrète de contrôle et de maîtrise, mais dans leur dimension atmosphérique (stimmungsmässig) d'une tentative - la Daseinsanalyse parle ici de "souhait ontologique" (ontologische Wunsch) - d'éliminer les impressions mêmes d'une impuissance et d'une perte de maîtrise.
Par ces quelques exemples, il est souligné l'importance du sens des phénomènes psychopathologiques en rapport et en regard (Verweisungszusammenhänge) avec les dimensions existentiales concernées (Hellhörigkeit 'sensibilité aiguë' - et Betroffenheit 'être-touché-par').

25. Rêve éveillé analytique.
le rêve éveillé (RE) est porté par un groupe de psychanalystes internationaux le GIREP Un séminaire de formation de 4 ans est ouvert aux praticiens et cliniciens.
Le RE offre la possibilité de vivre en séance un scénario intérieur dans un espace imaginaire.
Comme dans toutes cures analytiques des séances préliminaires sont nécessaires à l'évaluation de la structure psychique du patient et à installer le transfert ; il est très souvent possible de proposer une " cure rêve éveillé" ; il peut s'agir aussi de cure ou le rêve éveillé est présent mais pas uniquement.
Les indications du rêve éveillé sont celles de la psychanalyse classiques. Elles concernent les personnes ayant des difficultés existentielles et relationnelles ; aux sujets souffrants de troubles névrotiques diverses, aux pathologies somatiques, et aux cas limites selon des procèdures particulières ; aux enfants, adolescents pour qui l'abord du jeu et de l'image est assez naturel.
La conduite de la cure dans le temps du rêve éveillé consiste à faire en sorte que l'analysant reste inscrit dans une production imagée et non qu'il raconte des souvenirs ou qu'il raisonne. L'analysant Voit - Vit - et Verbalise ses productions imagées et ce qu'il ressent Le RE joue dans sa dimension spéculaire travaillant le sujet dans son rapport de la parole au corps et à l'imaginaire L'analyste en principe, n'a pas de raison d'intervenir dans le cours du rêve éveillé, Si en début de cure il est parfois nécessaire de suggérer une image, assez vite cela n'est plus nécessaire La fréquence des séances est de une à deux par semaine.
La dimension hypnotique du rêve éveillé n'est pas utilisé de manière suggestive mais écouté comme fonctionnement naturel de la psyché et exprimé dans la forme et le langage onirique Cet état intermédiaire entre veille et sommeil entre physioliogique et psychique et ce réservoir où le sujet a accumulé depuis sa naissance ses angoisses, ses désirs, ses expériences qui se révèlent comme facteurs déterminants de ses comportements et symptômes Dans le chapitre VII de la Traumdeutung, il y a une esquisse de réflexion de Freud qu'il n'a jamais approfondie (il évoque la régression dans le passage aux images visuelles dans le mot d'esprit dans son rapport à l'inconscient et dans le moi et le ça le fait que la pensée en images est plus proche des formations inconscientes que le langage verbal. Le rêve éveillé a des effets thérapeutiques même sans interprétation. La cure analytique rêve éveillé se fait dans la relation transferentielle et dans ce qui est transféré, projeté dans le rêve dans une dynamique de la fonction signifiante, révélatrice des fantasmes inconscients et de la construction du sujet L'analysant associera sur son rêve, comme cela se pratique dans l'après-coup d'un rêve nocturne qu'on raconte à l'analyste. Le passage de l'image aux mots favorise le processus de prise de sens, d'élaboration, de transformation, de symbolisation, de sublimation.
Se trouve ainsi posée la double exigence de la cure rêve éveillé : favoriser la régression et les vécus fusionnels d'une part et de l'autre maintenir l'altérité prometteuse de défusion incarné par l'analyste qui présentifie le réel et évite l'amour de transfert ; qui rend possible et non coupable l'expression devant un tiers des désirs interdits.

26. Thérapie brève stratégique et thérapie familiale stratégique .
En 1967, Paul Watzlawick, Richard Fisch, John Weakland créent - au Mental Research Institute de Palo-Alto - le Brief Therapy Center (Centre de Thérapie Brève - BTC ). L'approche qui émerge de leur travail découle de l’ensemble des recherches effectuées depuis le Projet Bateson, et des thérapies familiales systémique et stratégique (voir Jay Haley) qui s’appuient sur la cybernétique et la théorie générale des systèmes (Ludwig Von Bertalanffy).
L’idée fondamentale en thérapie brève est de réduire le temps mis pour résoudre un problème par la psychothérapie. Le changement ne repose pas sur la connaissance du pourquoi le problème existe ou subsiste, mais bien sur le comment il se maintient. Qu’est-ce qui, dans l’interaction, entretient le problème? Cela revient à considérer le problème, non plus en termes causalistes mais bien en termes circulaires. La circularité repose sur les théories cybernétiques et le principe d’homéostasie, théorie selon laquelle un système a tendance à s’auto-réguler, avec des messages en feed-back, pour atteindre un point d’équilibre. Cet équilibre se rompt à nouveau lorsque de nouvelles informations entre dans le système, provoquant une nouvelle recherche d’équilibre. C'est ce rôle que le thérapeute doit jouer, celui de mettre le système hors de son équilibre actuel afin qu'il en trouve un autre plus approprié.
Pour ce faire, le thérapeute adoptera une stratégie d'intervention qui comportera plusieurs techniques qui découlent directement du travail des diverses équipes de chercheurs qui sont passées aux M.R.I. de Palo Alto et du travail de Milton H. Erickson.

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